Baster J : “Je ne me sens pas faire autre chose que de la musique”

Baster J
© Victoria Capron

Jeune artiste originaire de Mons et membre du groupe SDLN, Baster J a mis entre parenthèses cette aventure, le temps de sortir son quatrième projet solo, “Double J”. Rencontre d’un rappeur tout terrain.

C’est à Bruxelles que nous retrouvons Jean-Jacques. Son album s’appelle d’ailleurs “Double J” en référence à son prénom. Pour ce qui est du nom d’artiste, c’est un petit peu plus complexe : “Quand j’étais petit je jouais à Def Jam Fight For NY, et il y avait un personnage qui était bien trop fort qui s’appelait Baxter, j’ai juste changé quelques lettres et j’ai rajouté le J de mon prénom”, explique le jeune rappeur. Cet attachement à l’univers des jeux vidéo et des mangas se retrouve aussi dans ses textes.

En une décennie de carrière, le Montois a sorti quatre projets solos, et un au sein du duo SDLN, qu’il compose avec son ami Deekay. Le chemin a cependant été long avant que la musique ne devienne l’activité principale de Baster J : “J’ai eu mon CESS, j’ai commencé des études en haute école de marketing, puis j’ai arrêté. Mes parents voulaient que je fasse des études, mais je ne me vois pas faire autre chose que de la musique”, explique l’artiste. De cette volonté de se concentrer exclusivement sur la musique est né Double J, quatrième projet solo du rappeur, sorti en avril dernier. Pour Jean-Jacques, ce projet est une carte d’identité

 

La conception de cet album s’est accélérée avec l’engouement de la série des trois sons “Maitre de cérémonie”, le dernier, publié sur Daymolition, a fait plus de 12 000 vues. “Avant de sortir cette série j’avais prévu de faire un album, mais quand j’ai vu comme ça avait marché je me suis dit qu’il fallait accélérer la cadence” ajoute Baster J. Peu après la sortie du troisième épisode, l’artiste est nommé par OKLM en tant que “pépite du rap français”. Il enchaîne dans la foulée par un freestyle chez nos collèges de Tarmac. Alors que le public s’attend à voir arriver rapidement d’autres épisodes de la série, le rappeur de Mons n’en sort pas et publie finalement son album en avril. “Le morceau Maitre de cérémonie 4 n’est pas sorti, car cette série c’est une mentalité. Je ne pouvais pas mettre n’importe quel morceau dans la série” ajoute Jean-Jacques. L’objectif de cette série était de “redéfinir le terme MC, prouver que j’en suis un, que je sais tout faire dans la musique”. Que ce soit en solo ou au sein de SDLN, le but à atteindre reste le même.

Exploser en solo pour mieux revenir en groupe

Avant de rapper en solo, Baster J était déjà membre du groupe SDLN. La mise en retrait du groupe pour se concentrer sur sa carrière solo n’est qu’une étape passagère, comme l’explique l’artiste : ”Je voulais sortir des projets solo et Deekay aussi, pour montrer qu’on n’est pas que les rappeurs de SDLN, qu’on sait aussi rapper en solo. Beaucoup de gens pensent que SDLN c’est fini, mais la musique parlera à notre place. On a déjà quelques sons clippés, on attend juste de savoir quand balancer ça.”

En attendant, le rappeur a sorti son album Double J en avril dernier, neuf mois après son dernier morceau. L’album est assez court, il contient 9 titres et dure à peu près 25 minutes. “Je ne voulais pas sortir un album trop long, car quand tu n’es pas trop connu et que tu sors un album de 18 titres, tous tes morceaux ne sont pas bien exploités”, se justifie l’artiste. Dans l’album, les inspirations outre-Atlantique du rappeur se font ressentir, que ce soit dans les gimmicks utilisés, ou la gestion de l’autotune. “L’autotune c’est juste un instrument, mais en France et en Belgique, même si ça évolue, on est en retard par rapport aux États-Unis sur ce niveau-là”, regrette le Montois. Avec cet album, le rappeur montre ses qualités d’artiste touche-à-tout, avec des morceaux purement trap, et d’autres, plus chantés. “Je voulais revenir à ce que je sais faire, et donner un album pour tous les goûts», explique Baster J.

 

Mais ce passage en solo ne reste qu’une étape de la carrière de Baster J, qui aspire à véritablement atteindre un large public au sein de son duo SDLN. “Avec SDLN, on a eu plus de retours qu’on n’en avait jamais eu auparavant. Notre seule erreur c’est d’avoir sorti un projet trop long, de dix-huit titres (le projet TOUT EN MAJUSCULES, sorti en 2017)” avoue le jeune homme, avant de conclure : “mais je veux revenir à SDLN, à deux on a plus d’impact, Deekay et moi on forme un putain de Genki Dama”. Alors que se profile un autre projet solo, “qui sortira à la rentrée ou du moins avant 2020”, Baster J a tous les outils en main pour s’imposer comme un rappeur à suivre de très près, et s’assurer un meilleur avenir.

Propos recueillis par Léopold Court

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