Bolewa Sabourin, « l’artiviste » aux mille vies

Balewa Sabourin
© Damien Carduner

Bolewa Sabourin vient de signer son premier livre « La rage de vivre », co-écrit avec le journaliste Bella Fofana, et publié aux éditions « Faces cachées ». À travers ce récit autobiographique, Bolewa nous raconte son histoire, perdu entre son passé et son futur pour essayer de comprendre et harmoniser son présent. En somme, sa rencontre avec lui-même pour retrouver son identité familiale, politique, et sociale.

Je ne peux plus respirer, j’étouffe. L’ailleurs m’appelle

Le premier contact avec Bolewa qui fait office de narrateur se fait dans un aéroport. À 27 ans, il se prépare à laisser tomber ce qu’il connait en France pour prendre l’avion direction le Congo, afin de retrouver une partie de sa famille. On rencontre un jeune homme las et sans véritables repères dans son pays. Habité par une volonté de changement il va alors suivre à la lettre la citation d’Amin Maalouf, qu’il cite : « Lorsque l’esprit des hommes te paraîtra étroit, dis-toi que la Terre est vaste ».

Bolewa Sabourin

20 ans qu’il n’a pas remis les pieds à Kinshasa, où il a vécu entre ses 1 et 6 ans, et pourtant c’est le seul endroit qui l’appelle. Sa grand-mère dont il porte le prénom vit toujours au Congo, et initialement son projet est de rester plusieurs mois à ses côtés. Arrivé là-bas, il comprend au bout de deux semaines qu’il n’est pas non plus à sa place : Trop africain pour la France, trop occidental pour le Congo, c’est précisément là que se trouve une partie du trouble qui l’habite.

Changer le monde commence par se changer soi-même

Bolewa est né à Paris d’un père congolais, Nganda, et d’une mère originaire de La Rochelle, Colette. Dans ses premières années, il sera ballotté de famille en famille, car arraché à sa mère dès son plus jeune âge. Suivant un temps Nganda au gré de ses conquêtes avant de se détacher de lui et vivre entre la rue et les squats, il héritera de lui bien plus que sa peau ébène : sa passion pour la musique et la danse traditionnelle congolaise. Toujours tiraillé entre ses deux identités, « à la fois Nègre et Négrier », Bolewa va tenter de se construire entre ces deux cultures tant bien que mal sans pour autant savoir où se trouvent vraiment ses racines.

Bolewa Sabourin

Décrochage scolaire, idées noires, désillusions familiales et sentimentales, il s’embarque alors dans un cercle vicieux d’autodestruction. Il vivote de petits boulots et donne quelques cours de danse, mais n’engrange pas assez d’argent pour vivre de manière décente. Trouvant un temps le réconfort dans la fumette et les engagements politiques, Bolewa erre sans but précis dans sa propre existence.

Voilà pour la trame de fond, et je m’arrêterai là, pour vous laisser le soin de découvrir le reste de sa passionnante histoire par vous-mêmes.

Rage de vivre & fureur de vaincre

Bolewa Sabourin ne propose pas au lecteur une simple incartade dans sa vie façon télé-réalité, non. Cette plongée dans son intimité n’est qu’un moyen, un prétexte, pour nous amener vers le vrai discours du livre. Il raconte ses malheurs (et ses bonheurs) non pas par égo ou manque d’attention. À travers cet ouvrage il distille goutte par goutte l’élixir de sa « rage de vivre », sa fureur de vaincre, et s’adresse directement à moi, vous, eux… nous tous : Ne baissez jamais les bras. Battez-vous toujours pour aller de l’avant. Si tu tombes, lève-toi et marche. Si tu retombes, relève-toi et cours.

Son style est franc, net, précis, implacable. Quand il faut parler sentiments ou famille, Bolewa parle avec son cœur, ses tripes. Il ne triche pas, n’édulcore pas. Il pourrait être en face de vous à vous parler de son vécu, et je pense qu’il ne changerait pas un mot ou une seule virgule. Comme au salon TEDxChampsElysees, où il raconte son parcours devant un public conquis, avant de danser sur scène.

 

Inspirant, son message est une véritable bouffée d’oxygène pour quiconque est un tant soit peu dans une période d’hésitation ou en déroute sur un des plans de sa vie.

« Fais de ton corps une machine, de ton cerveau une arme, de ton cœur un art, de ta vie une œuvre ! ». Telle est maintenant sa devise.

Cyrille Pichenot

Le livre « La rage de vivre » de Bolewa Sabourin sortir le 20 septembre aux éditions « Faces cachées« . 

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