[CHRONIQUE] C’est tout pour moi

« Je suis issue d’une famille nombreuse de quatre enfants, et j’ai vu mes parents trimer, assumer deux jobs chacun, nuit et jour, sans partir en vacances pendant dix-sept ans (…) Je voulais raconter mon histoire et rendre hommage à mes parents, pour qu’ils soient éternels, grâce au cinéma. Car, contrairement au spectacle vivant, le cinéma laisse une trace éternelle. » C’est avec ces mots que Nawell Madani introduit son film « C’est tout pour moi » lors de l’avant-première ; le ton est donné.

Si c’est dans le stand up et grâce au Jamel Comedy Club en 2012 que Nawell Madani s’est propulsée sur le devant de la scène, elle prend désormais les rôles de scénariste et de réalisatrice.

Le film n’étant pas totalement biographique, il s’inspire pourtant de son propre parcours. « C’est tout pour moi » raconte la vie de Lila, jeune bruxelloise, qui n’a qu’un rêve en tête : devenir danseuse professionnelle. Pour cela, elle quitte Paris, contre l’avis paternel, pour enchaîner les castings. Malgré la passion qui l’anime et la détermination dont elle fait preuve, elle se voit contrainte d’arrêter la danse et découvre le stand up. A partir de ce moment, tout s’enchaîne pour Lila qui, grâce à l’aide précieuse de son professeur d’art dramatique- interprété par un François Berléand à l’apogée de son talent- sera de plus en plus reconnue pour son talent, non sans avoir connu la galère avant.

« C’est tout pour moi » est une sorte de conte de fées des temps modernes, celui dans lequel l’héroïne n’attend ni le prince charmant ni sa marraine la bonne fée, mais court vers son rêve. Convaincue de la direction qu’elle prend, Lila ne recule devant aucun sacrifice ; quitte même à se disputer avec son père et à ne plus pouvoir lui parler pendant un long moment. Et pourtant, ses sketchs, c’est son père qui les lui a inspirés. Lui qui a tellement tenté de leur donner, à Lila et sa sœur, une éducation stricte, malgré le décès de sa femme. Lui qui, avec ses expressions typiquement arabes, devenait drôle lorsqu’il employait un ton si sérieux pour leur parler.

Nawell Madani voulait enfin obtenir la fierté de ses parents car, comme elle l’explique souvent lors de ses interviews, « si vous n’avez pas l’appui de vos parents, vous ne pouvez rien faire. Bien sûr, vous pouvez croire en vous et en ce que vous faites, mais cela ne sera jamais suffisant. Par contre, une fois que vos parents vous suivent et vous soutiennent, votre aventure peut démarrer. Vous pouvez soulever des montagnes. »

Si Nawell Madani ne voulait pas jouer le rôle principal dans son film, le co-producteur de « C’est tout pour moi » a réussi à la convaincre pour notre plus grand bonheur. Sans tomber dans le cliché et la copie des films bien connus du grand public, celui-ci remplit à 100% sa mission. Vous sortez de la salle avec une envie de reprendre vos rêves en mains et de les concrétiser. Pari gagné.

Alexia Zampunieris

Alexia vient de publier son nouvel ouvrage intitulé « Mademoiselle cherche le soleil » aux Editions Chloé des Lys à découvrir ici

Alexia Zampunieris

Alexia Zampunieris

"Une femme libre est exactement le contraire d'une femme légère." Alexia a la liberté pour seul combat.

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