[CHRONIQUE] Mejhoul, le « conteur » moderne

« Conteur utilisant le rap comme forme musicale » ; voilà comment se décrit le rappeur Mejhoul originaire de Boissy-Saint-Léger dans le 94 à Paris. Après l’élaboration d’un album de 11 titres sorti en 2011, Mejhoul s’est lancé dans la conception d’un E.P de 6 titres,  » Les Contes Des Damnés ». Un projet écrit et pensé sous forme de storytelling où se bousculent les « damnés » de la terre, traduit littéralement comme « les personnes condamnées aux supplices de l’Enfer ».

Dès la première écoute, un élément nous frappe directement, c’est le style d’écriture de l’artiste. Il va sans dire que sa plume ne laisse pas indifférente. Cette plume, nous pouvons la comparer à une massue textuelle qui lorsqu’elle vous atteint vous fait réfléchir. Elle vous fait réfléchir au sens de la vie, à vos convictions et peut-être aussi à l’image que l’homme peut se faire de la réalité.

Au-delà de la plume, il y a également les ambiances, l’atmosphère, et même l’univers qu’il insère pour que vous puissiez l’accompagner au sein de ses voyages. Chaque son est introduit par une ambiance, une phrase historique, ou encore une mélodie choisie pertinemment. Au niveau des prods, par contre, rien d’exceptionnel. Elles sont semblables à la plupart des prods utilisées dans le rap actuellement. L’utilisation de beats plus élaborés aurait rajouté une réelle plus-value au projet lorsque l’on connait la profondeur de ses textes.

 

Après avoir écouté l’intégralité de l’E.P, on se pose quelques minutes et on réfléchit. Voilà l’effet que procure Mejhoul. La réécoute permet, elle, de mieux comprendre les choses.

 

Tout d’abord les histoires. Six histoires y sont déclinées avec pour point commun une critique profonde et métaphorique de la société. Des thèmes forts y sont abordés par exemple : le terrorisme, la révolution, le capitalisme, mais aussi le racisme, la monotonie et la dépression. Ensuite elle permet d’ôter les ouillières qui restreignent notre vision et qui nous empêchent parfois de voir plus loin. Cela ne permet non pas d’accepter certaines choses, mais peut-être simplement de mieux les comprendre. Pour conclure, on peut dire que Mejhoul s’enferme dans des personnages fictifs via lesquels il dénonce et extériorise son goût amer de la société.

Mathieu Gelain

Pour découvrir l’EP « Les Contes Des Damnés » de Mejhoul, cliquez ici.

 

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