De la poésie urbaine pour faire une bonne impression

En art comme en amour, la passion suffit. Créée par une bande d’amis épris de créativité, la marque de vêtements Quatre Cent Quinze est la manifestation même d’une jeunesse avare de fougue, rêveuse, et plurielle. Quatre Cent Quinze, ce sont des fringues qui voguent entre la musique, le cinéma et la peinture sans oublier la culture politique française. Alohanews est parti à la découverte des fondateurs de la marque made in France qui nous en disent un peu plus sur l’art du streetwear.

Quatre Cent Quinze ?

Le nom de la marque est assez anecdotique. Nous étions à la recherche d’une appellation pour mettre en route notre projet. On galérait à dénicher quelque chose d’assez original. Puis, un jour, en rentrant de soirée et, au feeling, on s’est dit qu’il était temps de se lancer dans le grand bain. En franchissant la porte de l’appartement, on a jeté un œil sur l’affichage horaire du micro-ondes… il était 4 h 15. Depuis, notre identité est marquée au fer rouge par Quatre Cent Quinze.

Où puisez-vous votre inspiration ?

Il faut savoir que nous sommes des passionnés avant tout. Que ce soit par la poésie française, le hip-hop, le cinéma ou encore des personnages célèbres. On puise notre inspiration dans toute forme d’art. Chez Quatre Cent Quinze, tu peux tout autant retrouver De Gaulle tout comme Notorious Big. On fait confiance à notre imagination. Cependant, on ne néglige pas le fond. C’est le message qui importe.

Un message derrière chaque tee-shirt ?

Parfois, les gens qui nous suivent nous surprennent en décryptant nos produits. Il y a des interprétations auxquelles on n’y a pas pensé. Lorsque tu regardes le t-shirt où tu vois Jacques Chirac avec écrit « Thug life », par exemple, certains diront que c’est parce qu’il a eu une vie mouvementée avec des problèmes judiciaires et de la frime à plein volume. D’autres, par contre, se représentent un Jacques Chirac plutôt escroc. Chacun y va de son explication et c’est tant mieux. C’est le regard qui crée l’objet.

On remarque également une grande place du hip-hop dans vos créations…

Effectivement. Il y a beaucoup de préjugés concernant le rap alors que c’est une culture qui devient de plus en plus populaire. C’est de la poésie moderne et on aurait tort de ne pas promouvoir cette discipline. Une rime de Kanye West, par exemple, aurait pu être écrite par un Verlaine.

Différentes personnalités telles que Sneazzy West d’1995, Orelsan ou encore Hugo Tout seul portent votre marque. Qu’est-ce que ça vous fait ?

Ça fait très plaisir de découvrir que nos créations sont appréciées.

En tant que passionné de musique urbaine, que pensez-vous du rap hexagonal ?

L’équipe de Quatre Cent Quinze aime et suit le rap français. Personnellement (ndlr Aubert Lefebvre, co-fondateur de la marque), j’aime beaucoup Despo Rutti et Nessbeal. Récemment, j’ai découvert Tito Prince. J’ai pas mal accroché aussi. Le dernier projet de 3010 était efficace également.

En parlant de Nessbeal, il sera bientôt de retour…

J’espère qu’il va vraiment revenir, car il a été indécis ces derniers temps ! Je pense que ça pourrait faire du bien au rap français.

Pourra-t-on voir des rimes de rappeurs français sur les produits de Quatre Cent Quinze ?

Ça pourrait être génial. Cependant, je pense que ce serait difficile au risque d’avoir des problèmes de droits d’auteur. La crise du disque pousse les artistes à développer d’autres activités rentables liées à leur identité. Ils créent leur propre marque de textile et, par ce biais, étendent leur business qui se limite plus à la musique.

Pourquoi avez-vous opté pour une boutique en ligne ?

Ouvrir un commerce nécessite des fonds importants ainsi qu’un large panel de produits. Il faut payer le personnel, l’établissement, etc. Lorsqu’on a voulu démarrer notre affaire, notre budget de départ s’élevait à… 200 euros. On s’est tourné vers le web qui nous permet d’être plus flexibles. Toutefois, nous sommes ouverts à tout partenariat avec des commerces.

 Retrouvez la marque sur www.quatrecentquinze.fr

Quels sont les outils web que vous utilisez pour promouvoir votre activité ?

Les réseaux sociaux classiques. Chaque jour, on essaye d’aller toujours plus loin en terme de communication, de satisfaction du client et des processus de vente. Mais ce qui a fait la renommée de Quatre Cent Quinze, c’est indubitablement le bouche à oreille. Une façon underground de promouvoir nos créations.

Pour un nouvel arrivant qui voudrait se lancer dans la vente d’une marque de textile en ligne, quels seraient vos conseils ?

Je pense qu’il suffit de faire confiance à son imagination et d’aimer son projet. Si tu aimes ce que tu fais, les autres vont également apprécier ta démarche. C’est comme dans le milieu du rap, il y a des artistes qui savent rapper, mais n’ont rien à dire. On ne ressent pas la passion à travers leurs morceaux. Alors que d’autres sont moyens, mais amènent une perspective intéressante. Ils ont plus de chance de toucher le public avec leur vision qui prime sur leur technique.

Qu’est-ce que la marque nous réserve pour les belles journées à venir ?

Une nouvelle collection arrive dans quelques semaines ! Restez connectés !

1

Propos recueillis par Nikita Imambajev

Nikita Imambajev

Nikita Imambajev

Fondateur & rédacteur en chef d'Alohanews. Convaincu que le regard d'un jeune banlieusard sur le monde peut-être une alternative. L'urbain pour étendard.

à lire aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.