[INTERVIEW] Thérapie Taxi : de l’amour, du hit et du sale

Alohanews est allé à la rencontre du groupe au succès montant, Thérapie Taxi. Composé de trois membres, Adé, Raph et Renaud, le trio parisien à l’univers décalé vient de sortir son premier album « Hit sale ». Parmi leurs titres aux paroles parfois franchement crues, on retrouve le morceau »Hit sale » en featuring avec l’excellent Roméo Elvis. Un mélange d’univers à l’image du groupe audacieux qui s’essaie constamment à d’autres styles musicaux. Rencontre.

Quels sont vos parcours musicaux avant Thérapie Taxi ?

Adé : J’ai fait le conservatoire du 8e arrondissement de Paris de 6 à 17 ans. Je faisais du violoncelle et je faisais partie de la chorale que j’ai ensuite arrêtée parce que je me suis dit que c’était nul (rires). Et j’ai aussi grattouillé ma guitare.

Raph : Mon parcours est similaire à celui d’Adé puisque j’étais au conservatoire d’Avignon en violon de 7 à 15 ans. J’ai aussi fait une année de piano avant. Et pareil, j’ai gratouillé un petit peu la guitare, j’avais une certaine facilité due à mon passé de violoniste.

Renaud : Moi, je suis un petit peu un attardé (rires). J’ai commencé tout vers 18 ans. J’ai commencé par la batterie et puis la guitare, vraiment en autodidacte. Le son, ça m’a toujours éclaté et ça fait une bonne dizaine d’années que je fais ça.

 

Thérapie Taxi, ça a commencé comment ? Et d’où vient l’inspiration pour le nom du groupe?

Adé : On s’est rencontrés, Raph et moi d’abord, par le biais d’annonces sur Internet. Ce sont des sites de musique où tu peux vendre des trucs, et où tu peux rencontrer des gens. Un jour, Raph m’a appelée. J’y suis allée et voilà.

Quant au nom du groupe, au début le groupe avait un autre nom, Milky Way. On chantait en anglais. Ce n’était pas non plus aberrant. Sauf qu’après, très vite, on ne l’a plus fait. C’était bizarre.

Ensuite, Renaud a rejoint le groupe et au moment de signer avec le label on s’est dit que c’était vraiment le moment de changer ! Et là on a galéré, on a fait des feuilles avec des noms, des trucs, on faisait des sondages et tout. Au final, Raph a trouvé le nom « Thérapie Taxi », qui au départ était plus un assemblage de mots qui vont bien. On s’est dit que ça symbolisait bien le côté un peu thérapeutique et en même temps assez léger qu’il y a dans nos morceaux. On s’est dit que c’était même l’image de quand t’es dans le taxi hyper tard, un peu bourré et que tu racontes toute ta vie au chauffeur. Au final, c’est un peu ce qu’on fait dans nos morceaux. On raconte des bouts de nos vies.

Le rap commence à devenir la variété moderne

Vous avez choisi le français pour vos textes. Beaucoup d’artistes privilégient l’anglais pour que ça sonne mieux à l’oreille. Est-ce que vous êtes à la recherche du sens avec la volonté de toucher directement l’auditeur ?

Raph : En fait les gens, en tout cas en France, chantent de moins en moins en anglais parce que c’est plus trop tendance et parce que je crois qu’on a réussi à imposer le fait qu’il fallait chanter en français, en disant qu’il faut que les gens comprennent ce qu’on raconte dans nos chansons. Quand je dis « on », c’est nous et les gens qui étaient là avant. Et du coup j’ai l’impression que c’est devenu la norme aujourd’hui. C’est un truc qui pouvait être surprenant il y a 6 ans. Mais aujourd’hui quand t’as un groupe que tu veux développer, le premier truc que je conseille, c’est de chanter en français.

 

Le titre « Salop(e) », parle-t-il bien d’une rupture amoureuse ? Est-ce qu’aujourd’hui, on arrive encore à se dire les choses sans passer par la colère ?

Raph : Oui, ça parle d’une rupture. Peut-être qu’un des moyens de se dire les choses sans passer par la colère, c’est de chanter « salop(e) » et après tu vas un peu mieux. Mais je crois que c’est une question de caractère, si tu arrives à dire les choses avec ou sans colère. Il vaut mieux que tu chantes cette chanson et qu’elle ait un effet thérapeutique. Généralement, la colère, c’est des petits nœuds que tu as en toi et que tu n’as pas réussi à sortir. Ça bout intérieurement. Tu as envie de tout sortir d’un coup. Et là ça sort en criant.

Adé : La chanson cristallise vraiment le petit moment où tu vas péter un câble, où tu vas dire tout ça. Je sais que je me suis déjà engueulée avec mes mecs, mais ce n’est pas dans mon tempérament, par exemple, de dire ça naturellement à mon mec. Alors qu’en fait, tu le penses, mais juste tu ne le dis pas. Cette chanson, pour moi, cristallise vraiment le petit moment où tu vas le dire.


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Vous avez fait un featuring avec Roméo Elvis. Ça semblait assez évident puisque vous êtes le groupe pop rock le plus pop, et lui, un des rappeurs les plus rock ?

Raph : Je crois que ce n’est pas le seul à faire de la pop dans le rap et nous, les seuls à faire du rap dans la pop. Je pense que c’est vraiment une tendance générale. Parce que le rap commence à devenir la variété moderne. Ce qui fait une bonne chanson de variété reste un refrain. D’un côté, la pop va vers le rap pour la qualité moderne et le rap va vers la pop pour les qualités qui ont toujours été intrinsèques à la pop, c’est-à-dire avoir des bons refrains.

Propos recueillis par L. El Hariri & A. Abdirashid

Vous aurez l’occasion de découvrir Thérapie Taxi sur scène ce 29 mars 2018 au Reflektor de Liège ou encore cet été au Ronquières Festival le 4 et 5 août 2018.

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