Kobo : un cavalier sans visage avec la tête sur les épaules

Kobo

Cultivant un côté mystérieux et ténébreux, Kobo se présente souvent le visage dissimulé et cagoulé tel un ninja (qui finira en taule?). Après un passage remarqué sur la BO « Tueurs », Kobo sort ses titres avec parcimonie, mais avec une créativité toujours constante. En témoigne une plume aiguisée (puisant dans des thèmes réels et rudes) et un flow précis qui s’accorde à des sonorités variant entre trap et cloud. Avant la sortie du fort attendu « Période d’essai », il aura l’occasion de le présenter en exclu sur la scène du Botanique le 27 avril prochain.

 

De son vrai nom Kobo Redson, son chemin vers la musique fut assez naturel. Sa mère l’inscrira à un cours de piano et il développera sa sensibilité au fur et à mesure du toucher. Venu du Congo, il grandira à Kinshasa et entamera des études qu’il poursuivra en Belgique. Féru de musique jazz et hip-hop(il cite Snoop Dog et Tupac comme deux inspirations majeures), il écrira et composera dès son adolescence. Ce qu’ignoraient longtemps certains de ses amis. En effet, Kobo n’est pas dans l’ostentation musicale et cela l’influencera sans doute dans la construction de son personnage opaque.

Alors que Damso (avec qui il entretient un lien fort) balançait dans un état de demi-transe son « Peur d’être sobre » sur Generations, Kobo sort simultanément « Présumé sobre ». Sur une mélodie planante et amère, il nous balance cette phrase d’une audace jubilatoire qui remet en cause les attributs de deux groupes religieux : « J’ai rêvé d’une juive qui portait le voile d’un musulman portant la kipa ». Les paroles de Kobo, sous leur obscurité apparente, sont plutôt politiques. En témoigne « Au Pays Des Droits de l’homme », où il évoque le paradoxe d’une société fondée sur la Déclaration des droits de l’homme, mais où les inégalités prospèrent.

Désormais signé chez Polydor, Kobo dit vouloir privilégier la qualité sur la quantité. D’où les six titres qu’il a sortis en deux ans. « Charbon » et « Baltimore » sont sans doute les plus aboutis, ils prouvent qu’il sait s’accorder sur des ambiances différentes et cultiver des paroles évoquant souvent les vicissitudes d’une personne qui « quoi qu’il arrive se donner au maximum » dans la vie, au studio…et comme sur scène !

 

 Bruno Belinski

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