Osiris, mystères engloutis d’Égypte

«  En Égypte, Osiris est le Nil qui s’unit à la terre Isis et Seth la mer dans laquelle le Nil se jette, disparaît et se disperse. »

Plutarque, 46/125

queueUne course est lancée : qui arrivera en premier ? C’est une agréable surprise de voir autant de monde pour une exposition sur le monde arabe. C’est parallèlement les vacances scolaires. Nous allons à la même allure jusqu’au contrôle des sacs. «  Bonjour, veuillez présenter votre carte d’identité. Dix euros 50 pour les étudiants, s’il-vous-plait ». L’audio guide est compris tout de même. C’est généralement 3,50 voire 5 euros le supraguide, donc on est content.

Un enregistrement vidéo présenté par l’archéologue Franck Goddio accueille les visiteurs chanceux de rencontrer les 250 objets issus de 10 années de fouilles sous-marines dans les profondeurs de quatre à cinq mètres. Auxquels s’ajoute une quarantaine d’œuvres provenant des musées du Caire et d’Alexandrie, dont certaines sortiront d’Égypte pour la première fois. C’est l’occasion de voir les vestiges de la cérémonie des Mystères d’Osiris qui étaient célébrés dans les villes de Thônis- Héracléion et Canope.

arbre géné

Connaissez-vous la légende d’Osiris ?

Fils de la Terre et du Ciel, Osiris fut tué par son frère Seth. Ce dernier démembra le corps d’Osiris en 14 morceaux avant de le jeter dans le Nil. Aucune pitié ! Isis, sœur et épouse d’Osiris, grâce à ses pouvoirs divins, remembra son corps, avant de lui rendre la vie et de concevoir leurs fils : Horus. Osiris devint alors le Maître de l’Au-delà et Horus, victorieux de Seth, eût l’Égypte en héritage.

steleGrâce à la stèle dite Canope découverte en 1881, à Kom el-Hisn (238 av. J.-C.), on avait connaissance que dans le grand temple d’Amon, d’une ville nommée Thônis située dans la ville d’Héracléion, étaient célébrées, comme dans la plupart des villes d’Égypte, les cérémonies des Mystères d’Osiris. Elles se terminaient par une longue procession nautique sur le Nil qui emmenait Osiris du temple d’Amon à son sanctuaire de la ville de Canope. Cette célébration d’une durée de 21 jours commémorait, perpétuait et renouvelait la légende fondatrice de l’Égypte.

Sous la direction de Franck Goddio, l’Institut Européen d’Archéologie Sous-Marine (IEASM) a découvert un certain nombre de monuments, statues, instruments rituels, offrandes cultuelles…

osiris à son reveil

On trouve des œuvres assez drôles comme la sculpture d’Osiris à son réveil encore allongé, mais sur le ventre. Ou encore une sculpture des Adidas ou Nike à l’ancienne, à vous de voir. Plus sérieusement, les allégories sont très présentes dans l’exposition. La statue imposante d’Hâpy, qui personnifie l’abondance et apporte les offrandes, représente l’inondation et la crue du Nil. Le public couvre une tranche d’âge assez grande. Un enfant «  ah Hapy, comme la chanson ! La la la » et il se mit à chanter sous le regard ébahi de son frère. Même le public est comique ! Sur un ton plus religieux, la chapelle miniature où sont conservés les sépulcres des divinités à l’intérieur d’un temple qui lui est dédié prend une place importante dans l’exposition.

hapy

Dans un 1100 m² au sein de l’Institut du monde arabe, le visiteur découvre les rituels réalisés dans le plus grand secret des temples. Il est guidé sur les sites maintenant immergés des deux villes et suit les processions nautiques.

Osiris, entouré de son sceptre et de son fouet et couronné d’une imposante coiffe d’Atef, est le plus humain des dieux. Il chavire dans la passion humaine. Il connaît la trahison de son frère que l’on pourrait lier au mythe biblique de Cain et Abel. Maître du silence, il est confronté à la mort. Il reprend vit grâce à l’amour de son épouse. N’est-ce pas romantique ?

sphinx

Nous finissons la visite par un message de rappel «  Les sites d’Héracléion et de Canope sont considérables. Seulement une portion infime de la zone… » C’est un appel au mécénat sans trop le dire. La tâche restante à accomplir afin d’explorer pleinement les dessous des cartes.

Yousra GOUJA

 

L’exposition est ouverte au public jusqu’au 31 janvier 2016 à l’institut du monde arabe.

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