Dans le tieks : Tawsen, de la Belgique au sommet

Tawsen

Tawsen, c’est un personnage haut en couleur. Il a commencé à publier des sons en 2017 où l’amour et ses aléas dominaient des morceaux comme « Fille Difficile » et « Sans Remords ». C’est dans ce contexte de balbutiements qu’il nous avait accordé une entrevue où on sentait une envie tenace de réussir et d’élargir son public. Aujourd’hui, son travail a fini par payer puisqu’il vient de signer chez Universal Music. Avec « Al Warda », il cultive un style éclectique où pop urbaine, rai, et rap français se tutoient avec aisance. En arpentant son quartier, il nous a relaté son parcours musical et de la réalisation de ce premier projet vraiment abouti.

Sur une image promotionnelle, Tawsen est entouré de plumes de paon. Ceci est une référence à son nom de famille « Taws » qui signifie « paon ». Subtile, non ? D’origine marocaine, Tawsen naquit en 1997 dans un petit village au nord de Italie. A l’âge de 11 ans, il mettra les voiles avec sa famille pour s’installer à Anderlecht. Pas facile de se retrouver dans un quartier populaire bruxellois où l’agitation urbaine est constante et où de nombreuses personnes partagent son origine, mais ne parlent pas sa langue. Tawsen aura ce sentiment d’être différent, peu importe où il se trouve. Venant d’une famille peu portée vers la musique, Tawsen construira son style en écoutant ce qui passe sur les radios et ce qui s’échange de bouches à tympans. À défaut d’avoir une équipe derrière lui, Tawsen se lance seul témérairement et publiera ses premiers clips souvent sobres en 2017. Un motif domine sa musique: la rose, symbole de l’amour passionnel et de sa vigueur éphémère. Une métaphore souvent utilisée pour parler de la dégénérescence de l’amour ou de la beauté (comme le faisait Françoise Hardy sur la chanson « Mon Ami la Rose »).

 

Ce n’est pas un hasard si, en mars 2019, il nous livre le clip « Comme une fleur » tourné en partie au Maroc. Basé d’un storytelling à la « Roméo et Juliette », les images nous relatent une idylle passionnée de deux tourtereaux qui seront confrontés à la mesquinerie violente de la famille. Chez Tawsen, la mélancolie amoureuse est racontée avec simplicité et est souvent rehaussé et lénifié par des sonorités dansantes. En témoigne le clip « Pas Pour Moi » sorti en 2018 où une proposition d’un selfie tourne au râteau.

Avec l’album « Al Warda », Tawsen continue à voguer sur le style de ses débuts tout en ayant acquis plus d’expérience et de maturité sur les prods. Au programme : des mélodies entêtantes (qui oscillent entre sonorités orientales et latines, des couplets anaphoriques et des paroles où se dégage une émotion palpable). Sur sa pochette, le bouquet de roses rouges dissimule son visage. Malgré son épanchement concernant l’amour, Tawsen reste un personnage assez mystérieux. Nous avons voulu le connaître mieux et c’est avec plaisir que nous vous invitons à visionner cette rencontre exceptionnelle pour notre nouveau format Dans le tieks.

Bruno Belinski

 

 

 

Nikita Imambajev

Nikita Imambajev

Fondateur & rédacteur en chef d'Alohanews. Convaincu que le regard d'un jeune banlieusard sur le monde peut-être une alternative. L'urbain pour étendard.

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