Bouchra Beno : « Il y a beaucoup d’amour chez les Algériens ! »

© Lemnaouer Ahmed Chaowki

Sur les planches comme sur les écrans d’ordinateur, les vannes de Bouchra Beno s’invitent partout. L’humoriste a écumé les scènes du Jamel Comedy Club et présente son show tous les mardi et mercredi au Point Virgule à Paris. Désormais, la jeune femme fait sa tournée avec son spectacle. Par ailleurs, l’humoriste sera à Bruxelles le 29 mars prochain et du 13 au 15 avril à Liège. Rencontre avec la jeune comédienne au sourire Colgate.


À quel moment de votre vie avez-vous pris conscience de ce talent qui est de pouvoir faire rire des gens ?

C’est un rêve de gosse. Faire rire les gens, c’est quelque chose qui est en moi, c’est un plaisir que j’ai dans la vie de tous les jours. C’est vrai qu’en faire un métier est une autre étape que j’ai eu du mal à franchir. Je manquais de confiance en moi.

Quand je suis montée sur scène, j’ai réalisé que c’est véritablement ce que je veux faire. Par contre, ma première scène n’a pas été bonne. Elle m’a davantage montré que c’était un métier et que je devais travailler. 

Qu’est-ce qui s’est passé lors de votre première scène ?

J’étais très jeune, je devais avoir 21 ans. J’ai participé à l’émission Starting Over sur TF1 – produite par Évelyne Thomas – , une émission sur des femmes qui étaient coachées. Je venais de province (NDLR Lyon), on a pas énormément de café théâtre comme on pourrait voir à Paris. J’ai dit que je voulais monter sur scène. L’émission m’a ramené un coach avec lequel je me suis embrouillée et qui m’a laissé sur le carreau. J’ai dû donc écrire un sketch de 15 minutes toute seule et suis montée sur scène au Don Camillo à Paris. C’est un 15 minutes douloureux, très douloureux. À ce moment-là, je ne voulais plus monter sur scène. 10 ans plus tard, j’ai compris que faire de la scène nécessite plein de configurations. À l’époque, je pense que j’avais beaucoup d’orgueil comme beaucoup d’adolescentes. Je pensais que j’allais monter sur scène et tout retourner. Ça ne s’est pas passé comme je l’avais imaginé dans ma tête.

Est-ce que c’est la scène du Jamel Comedy Club qui vous propulse ou les vine que vous postez sur Internet ?

C’est marrant, car beaucoup me disent que je commence seulement à monter sur les planches. En plus du Jamel Comedy Club, il faut savoir que j’étais également au Point Virgule, un café-théâtre de Paris. Le public ne le savait pas et croyait que j’étais seulement une vineuse, sans connaître mon expérience sur les planches. Je reçois encore des messages du genre : « tu devrais monter sur scène ». À la base, la scène c’est mon domaine de prédilection. Pour ce qui est des vidéos, je n’ai jamais cru que ça prendrait des proportions pareilles, on ne le contrôle pas. C’est que du bonheur. Cependant, on me reconnaît dans la rue généralement par rapport à ce que je poste sur Internet. On commence seulement à me parler de mes prestations scéniques, après 4 ans au Jamel Comedy Club.

Vous êtes née en Algérie. Question chauvine : est-ce que l’humour algérien est le meilleur de tous ?

(Rires). Mon côté algérien dirait : « Bah oui ! ». On est un peu abrupte, un peu franc-parler. Ça donne un charme, je trouve ça super drôle. Je pense qu’on a beaucoup d’autodérision. Enfin…je parle bien de certains Algériens (Rires). Je m’inspire beaucoup de ce côté algérien. D’ailleurs, il y a beaucoup d’amour ! On est francs, car on veut réveiller la personne en face de nous, quand on est abrupte, on aime et on donne tout ou rien. Il y a ce côté généreux et naturel qui donne du charme.

Vous n’allez donc pas mettre des coups de tête durant le spectacle…

Non ! J’ai déjà mis un coup de pied dans un seau qui a fait du bruit sur les réseaux sociaux ! Donc on va arrêter les coups de tête, mais on va mettre des coups quand même verbalement !

Être une femme dans le milieu humoristique majoritairement représenté par les hommes, comment le percevez-vous ?

Au début je disais que c’était un milieu misogyne, que les gens pensent que les femmes ne font pas rire. En vérité, j’ai remarqué en regardant l’émission « Top Chef » que les hommes sont majoritaires partout ! Même les coiffeurs ! C’est un truc de nana à la base. On met toujours les hommes en avant. Regarde quand on dit « ils/elles », lorsqu’il y a un mec dans le groupe, tout est au masculin.

Ce qui nous est bénéfique, quand les femmes sont mises en lumière, quand elles sortent du lot, l’ascension est plus rapide. Il y a plus de facilités, car il y a énormément d’humoristes masculins aujourd’hui. Pour pouvoir sortir du lot, c’est super dur. Si t’es une bosseuse, t’auras plus de chance d’être vue, car nous sommes moins nombreuses.

Pour nos lectrices féminines, un moment donné, il faut nous donner votre routine capillaire…

(Rires) C’est une galère ! Je me lave les cheveux qu’une fois par semaine. Il faut savoir que j’ai les cheveux très secs. Si je les lave trop souvent, ils s’abîment. Une fois par semaine, je les lave et je leur fais un masque très nourrissant (rires). Ma crème que je mets tous les jours est à base de noix de coco. Je me suis convertie, car au début c’était du zit’zitoun (NDLR Huile d’olive), mais il n’y a pas mieux que de la noix de coco. Ça rend moins sec…C’est bizarre de parler de ça avec un mec (rires). 

…J’avoue il faut faire des tuto !

(Rires) J’en ai fait, mais c’est toujours humoristique, je n’arrive pas à rester sérieuse !

Quelque chose à rajouter ?

J’ai aimé vos questions et vous étiez très agréable. Je donne rendez-vous aux lecteurs le 29 mars au Centre Culturel de Woluwe-Saint-Pierre pour mon spectacle ! J’ai hâte de rencontrer le public belge, car je reçois énormément de messages !

Propos recueillis par Nikita IMAMBAJEV

Nikita Imambajev

Nikita Imambajev

Fondateur & rédacteur en chef d'Alohanews. Convaincu que le regard d'un jeune banlieusard sur le monde peut-être une alternative. L'urbain pour étendard.

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