DeparOne : « Les jeunes rappeurs belges promeuvent l’unité »

Capture d'écran de Rentre dans le Cercle - Belgique

Si le nom de DeparOne ne vous dit rien, il est quasi impossible que vous ne connaissiez pas Give Me 5. Cette structure, c’est des projets à la pelle : mixtapes, DVD, clips, freestyles concepts, textile, etc. Aujourd’hui, Give Me 5 Prod s’accapare le monde du digital et lance une application qui permettra à tout un chacun de découvrir le rappeur qui sommeille en lui grâce à notamment le concept « Poignée de punchlines ». Nouvelle vague du rap belge, tensions au sein du milieu, vocodeur, l’application Give Me 5, voici les mots de cette poignée d’interview. Rencontre avec DeparOne, qui baraude depuis plus de 10 ans dans le milieu du rap.

Salut Deparone, tu viens de sortir ton application Give Me 5. Plus de dix ans que tu es là. Comment tout a commencé ?

Très simplement avec un ami et collègue de l’époque, Velvet Sick, qui avait un studio à la maison. J’étais dans le monde du graffiti depuis des années et j’avais plein de connexions. Un jour on s’est dit qu’il y a tellement de talents à Bruxelles et qu’il est temps de faire une mixtape regroupant tous ces gens-là. En 2004, on a lancé les enregistrements pour la réalisation du premier CD qui s’appelait « La face c ». On voulait mettre une fessée au niveau du son donc on avait balancé pas mal de sons d’artistes bruxellois et de Belgique. Et ça a commencé comme ça en fait, par des mixtapes. En 2008, le label « Give me 5 » est apparu et on arrivait aussi sur internet.

En 2017, tu reviens avec une application. C’est quoi la plus value ?

L’accessibilité. J’avais énormément de demandes de partout, de France, de Belgique, de Suisse, du Québec, pour participer à mes concepts, dont « La poignée de punchlines ». Je veux permettre à tout le monde de pouvoir faire une poignée de punchlines, de se tester à l’exercice. L’application est disponible – en téléchargement gratuit – sur Apple Store pour le moment.

J’ai vraiment créé cette application avec les moyens du bord de manière indépendante. Un ami m’a aidé à développer le projet et je le remercie fortement pour ça.

Quel est le but de l’application ?

De toucher un maximum de gens, dans le futur, décliner le concept en plusieurs langues. Par ce biais, on voudrait également détecter de nouveaux talents que je pourrais faire passer sur ma chaine YouTube, dans la « vraie » poignée de punchlines.

Est-ce que l’autotune empêche beaucoup de rappeurs de faire des freestyles en live ?

Je pense que l’autotune est l’une des causes de ce genre d’MC qui ne se mettront jamais en danger. Faire un freestyle foireux, c’est perdre sa crédibilité aussi. Certains rappeurs sont donc frileux.

Si tu écoutes un Jul sans autotune, ça déchire. Pour moi, sans autotune, c’est un kickeur de fou. Après c’est chacun ses goûts.

Est-ce qu’on peut faire une poignée de punchline avec le vocodeur ?

Il y en a déjà eu. J’ai voulu m’ouvrir, j’ai essayé de donner de la force à des gens qui l’utilisent et du coup les retours de mes abonnés étaient durs. Je t’avoue, ça me saoule un peu, j’ai le droit de diffuser ce que je veux.

Après c’est vrai que j’ai quand même 70K abonnés sur YouTube. Du coup il faut essayer de leur donner ce qu’ils veulent. Mais j’ai voulu prendre des risques. Mon public aime la tendance rap des années 90. Mon but c’est de donner de la force aux artistes. En publiant certains rappeurs qui ont utilisé le vocodeur, je les heurte à certaines critiques parfois violentes. C’est le jeu. 

 

Est-ce qu’avec cette application « Give me 5 » s’ouvre ?

Oui. Dans l’application j’ai mis des beat trap, j’ai mis de tout parce que je ne veux pas e cette frontière. J’ai véhiculé ce rap engagé, boom-bap, très moraliste et compagnie, mais ce n’est pas pour ça que je n’ai pas évolué dans tout ce qui se fait à côté et que je suis ouvert, j’écoute du PNL par exemple. Je suis vraiment open.

Est-ce que tu as des rappeurs belges que tu aurais aimé qu’ils passent dans la Poignée de punchlines et que tu n’as pas pu faire ?

Rappeur belge, je ne pense pas. Vald avait fait sa poignée de punchlines. Il a complètement craqué et l’a posté sur sa chaine en disant que son équipe avait tellement kiffé le titre qu’il la balancé. Je l’ai super mal pris. On s’est accroché au téléphone.

En Belgique, ma seule déception, c’est de ne pas avoir aperçu la moindre chose d’un gars comme Damso avant son succès. Je ne comprends pas comment ses titres ne me sont pas arrivés alors que j’avais déjà écouté pas mal de choses du groupe OPG (NB. Damso était membre du groupe). Il est super fort.


Lire aussi : Interview de Damso


Comment vois-tu cette nouvelle génération de rappeurs belges ?

La nouvelle scène est soudée. J’ai constaté cette mouvance avec L’or du commun à l’époque et j’en parlais justement avec mon beau-frère qui vient de Boitsfort et le groupe vient aussi essentiellement de Boitsfort. Je disais qu’ils se donnaient de la force entre eux, ils ont créé leurs réseaux comme à l’époque de l’Entourage avec Nekfeu. Un membre sort un clip, tout le monde le partage. Ca fait plaisir.

Propos recueillis par Nikita Imambajev

Nikita Imambajev

Nikita Imambajev

Fondateur & rédacteur en chef d'Alohanews. Convaincu que le regard d'un jeune banlieusard sur le monde peut-être une alternative. L'urbain pour étendard.

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