Leo Fifty Five, la pièce du puzzle manquant du R&B belge

Leo Fifty Five

Après un premier projet nommé « Normalitude », il nous balance «Ca tu le savais », une chanson romantique au son particulièrement smooth.  Il nous a reçus dans son studio pour parler de sa musique et de son prochain EP qui va sortir dans la foulée.

Leo Fifty Five, ça vient d’où ?

Ça vient de deux choses. Leo c’est mon deuxième prénom, celui de mon arrière grand-père . Quand je jouais au hockey sur glace, je portais le numéro 55. Du coup, c’est resté et j’ai gardé ce nom en tant qu’artiste.

Tu parles du hockey sur glace. Tu avais un bon niveau non ?

A la base, mon niveau était plutôt moyen. Je suis parti en internat à Strasbourg afin de percer dans le sport. Puis j’ai joué comme remplaçant et je suis arrivé au niveau junior en Belgique. Mais je réalisais qu’en faisant cela toute ma vie, mon corps serait usé à 35 ans. Je suis donc descendu d’un niveau pour pouvoir m’adonner à d’autres choses.

Et le hockey sur glace t’a mené vers la musique ?

D’une certaine manière. Après m’être déchiré le tendon d’Achille, ça m’a donné beaucoup de temps libre. J’ai découvert le logiciel FL studio et j’ai vu que je pouvais faire quelque chose.

Tu as commencé par le beatmaking puis ensuite tu es devenu chanteur. Créer ses sons et chanter, c’est travailler seul et gérer tout de A à Z . Est-ce par peur de voir ses prods massacrés par d’autres interprètes ?

Non, je ne pense pas comme ça. Chaque interprète pourra s’approprier la prod et voir quelque chose que je n’ai pas vu. C’est surtout niveau business, composer des prods et trouver des artistes, c’est pas évident. J’ai posé tout naturellement un peu comme FKJ. Je me suis inspiré des gars comme ça qui font tout par eux même.

Tu chantes en français, mais on sent que certains codes sont plus inspirés de l’anglais . Est ce que tu écris en français en pensant en anglais ?

Tu viens de plonger dans mon subconscient (rires). J’écoute beaucoup de R&B en anglais et peu de musiques françaises. Donc même si je ne le fais pas volontairement il y aura toujours une influence.

Le français est beaucoup plus complexe aussi. Tu as tellement de voyelles, de consonnes. En anglais tu as des facilités d’écriture qui donneront mal si tu les transposes en français. J’ai fait mon premier projet en anglais, mais j’ai voulu aller vers le français par la suite.

Leo Fifty Five

On a parlé de l’anglais, du français. Quand est-il de l’indonésien ? On ne peut parler pour tout le monde, mais ici quand on parle des Indonésiens, on dit toujours « ils sont super gentils ». (Rires) Est-ce que tu as l’impression d’avoir cette étiquette de gentil ?

Ouais grave, tout le monde dit que je suis un panda.

Ah oui ?

Oui, mais de base, les Indonésiens ne sont pas très connus. Donc c’est une étiquette. Perso, tout le monde dit que je suis un panda, car je suis un bisounours, j’ai de grosses joues et tout (Rires).

Qu’en est-il de ton prochain EP ?

Mon premier projet en français arrive , le single « Ca tu le savais » est sorti. Ce sera varié musicalement : Soul, R&B, Funk. J’essaie de tendre musicalement vers quelque chose de différent tout en restant dans un emballage qui est facile à déballer.

Est-ce que tu crois au retour du R&B ?

Je pense que oui. Quand tu regardes des gars comme the Week-End, ça promet. Le R&B est une musique très riche et il y a plein d’outils à disposition. Plein d’artistes tendent vers ce style actuellement pour pouvoir être dans les charts.

 

Beaucoup de rappeurs se rapprochent de la mélodie et du R&B pour toucher un plus large public. Ce n’est pas paradoxal ?

Oui, il y a des croisements, des gars comme Tory Lanez qui commencent à rapper et Drake qui chante tout le temps. On essaie d’être un peu sur les deux, mais garder un peu l’essence des deux sans sacrifier ou sans compromis sur quoi que ce soit. C’est vrai que c’est très flou maintenant ! Tu sais plus qui fait quoi. Par contre, dans le monde francophone, il n’y a pas beaucoup de chanteurs RnB. À part Nov.

L’amour est un de tes thèmes de prédilection. Quand tout ira bien dans ta vie amoureuse, tu arrêteras d’écrire des chansons d’amour ?

Ah non, tout va bien, mais je puise beaucoup dans mes souvenirs, car je n’aime pas écrire ce que je ressens dans l’immédiat. J’aime bien écrire puis y repenser plus tard pour avoir du recul et penser à autre chose que je n’ai pensé sur le moment.

Nikita Imambajev

Nikita Imambajev

Fondateur & rédacteur en chef d'Alohanews. Convaincu que le regard d'un jeune banlieusard sur le monde peut-être une alternative. L'urbain pour étendard.

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