Lomepal, un personnage aussi complexe qu’abouti

© Flora Métayer

Lomepal, célèbre rappeur parisien, à récemment dévoilé son premier album après de multiples projets ayant déjà séduit une bonne partie du public rap. Dans son œuvre il est question de lui et de toutes ses émotions, on pourrait affirmer que l’album est schizophrène. Entretien avec le grand amateur de skate.

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Tu as commencé le skate avant la musique. Dans le skate, il faut toujours se relever, être persévérant. Est-ce que le skate t’a aidé pour tes projets musicaux ?

Ouais je pense, j’ai appris à m’acharner avec le skate. C’est vrai qu’il faut être très persévérant et motivé pour réussir alors ça m’a aidé, du moins à ne pas avoir peur.

Comment est-ce que tu réagis maintenant que tu vois que c’est de plus en plus cool et branché de faire du skate alors qu’avant c’était quelque chose de plus rare, de mec qui se bagarrait et qui se cassait toujours plein de trucs ?

C’est exactement ça, tu as bien compris l’album et le titre « Bryan Herman ». Avant c’était quelque chose un peu underground d’être skateur. Il y en avait peu et on en parlait beaucoup moins. Maintenant c’est devenu mainstream, mais d’un côté ça a du bon.

© Flora Métayer

© Flora Métayer

Dans un article, j’ai lu que tu avais échangé ton nom « Jo Pump » pour Lomepal dans le but de « représenter cette France ». Est-ce que tu peux m’expliquer ?

Ce n’est pas exactement ce que j’ai dit. J’ai dû m’appeler Jo Pump pendant trois jours au tout début, tu vois (rires). J’ai choisi Lomepal, car je trouvais ça stylé comme blase et de revendiquer le truc de blanc autant que les noirs revendiquent le truc d’être noir ou les latinos le fait d’être latino. Je trouvais ça marrant, car on m’a toujours dit que j’avais le teint très pâle et je voulais le mettre en avant. Mais je ne représente pas la France, juste moi et ce que je connais.

Dans 70, tu dis « Une gueule de bois ça coûte quinze balles, la mort, ça coûte même pas trois centimes » et aussi « J’veux des millions, j’en veux 70 ». Quel est ton rapport à la finance ?

Justement dans 70 je mets en avant un paradoxe. À la fois, on sait que c’est de la merde l’argent que ça ne sert à rien et que c’est un truc matériel de notre société qui pue la merde. En même temps on veut s’exploser, passer du bon temps ce qui coûte de l’argent alors on veut en avoir plein pour ne même pas réfléchir. C’est un peu le principe de plus tu as d’argent moins tu en as quelque chose à foutre de l’argent. Du coup c’est presque plus simple que de compter ses sous.

Dans le morceau « Sur le sol », tu parles plusieurs fois de Dieu. Quel regard tu portes sur la religion ?

Je parle souvent des enfers et du paradis dans mes morceaux. J’ai un rapport très manichéen à Dieu, mais je ne suis pas religieux. La définition de ce que je suis c’est déiste, une personne qui croit à un être supérieur sans pratique de culte. 

 

A l’écoute de ce disque, je le trouve mélancolique et personnel, tu racontes plusieurs histoires intimes. C’est important de se livrer dans ses musiques ?

Parfois je suis très touché par des artistes qui se livrent et qui donnent des parts de leur vie comme Eminem. C’est le meilleur exemple. Il a touché beaucoup de gens avec son histoire, dont moi.

Il y a également un côté schizophrène dans cet album. Entre le bien/mal, parfois drôle et parfois triste. Est-ce que le personnage de Lompal ce n’est pas quelqu’un d’aussi abouti que complexe ?

(Rires) Si peut-être. En tout cas j’essaie. Dans cet album je voulais mettre un maximum d’émotions différentes que je connais de ma vie et qu’aucun morceau ne se ressemble. Si je passe pour un schizophrène, j’ai réussi.

 

Tu accordes une place très importante à l’image. Ta pochette, par exemple, a un côté Young Thug. D’où tires-tu tes influences ?

Je suis influencé par des univers qui ne sont pas liés au rap parce que ça me permet de m’ouvrir. Par exemple la pochette, c’est du Serge Gainsbourg entre autres, donc pas du tout lié au rap. Je travaille avec des clipeurs qui me donnent des idées parfois, on partage.

Pochette de son premier album appelé « Flip »

Tu fréquentes pas mal de Belges entre JeanJass et Caballero ainsi que Roméo Elvis. C’est quoi ta connexion avec la Belgique ?

J’ai rencontré Caballero en 2011, on est devenu trop pote. Il m’a fait rencontrer toute la Belgique, je lui ai fait rencontrer toute la France (rires).

Dernière question, c’est quoi la suite pour toi ?

Je travaille mon deuxième album, je veux quelque chose de nouveau, je n’aime pas me répéter. On lance ma tournée en octobre, avec des salles déjà complètes. C’est super.

Propos recueillis par Alexandre Daumur-Smith

Alexandre Daumur-Smith

Alexandre Daumur-Smith

Enfiler ses gants et boxer contre l'invisible. Incompréhensible mais pas impossible.

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