Une bouteille à la mer…

En ces temps de peur et d’incertitude devant l’avenir social, écologique ou économique de l’humanité tout entière… réapparaissent les bonnes vieilles méthodes de dirigeants avides de pouvoir et de richesses, méthodes que l’on pourrait résumer par l’adage : « Diviser pour mieux régner. »

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On fait peur aux uns, en leur parlant à longueur de journaux télévisés de musulmans ayant soif de conquêtes et adeptes du terrorisme. On oppose aux autres, les discours xénophobes entraînant, eux aussi, des actes de violence inouïe.

Certes, quelques hommes et femmes de par le monde peuvent aller au-delà du bien et du mal, au nom de leurs idées.

Et, ils deviennent l’arbre qui cache la forêt… cette forêt faite de millions d’êtres qui ne cherchent que la paix, qui ne rêvent que de faire grandir leurs enfants dans un monde moins égoïste et plus humain, qui n’espèrent aussi que de pouvoir au moins les nourrir et les éduquer décemment…

Et de ceux-là, parle-t-on ?

Et, parle-t-on de faits bien plus destructeurs que ce terrorisme effrayant ? Parle-t-on de la lancinante montée de la misère et des exclusions des plus pauvres (au-delà de toute appartenance ethnique, religieuse ou géographique) ? Parle-t-on de la solitude et des dépressions qui minent les familles d’Europe et d’Asie ? Parle-t-on du leurre qu’est la consommation au-delà de toute limite, comme dérivatif au mal-être ?

Non, les médias et quelques dirigeants manipulateurs préfèrent opposer des êtres qui n’ont déjà pas grand-chose. L’ouvrier européen en voudra à l’ouvrier chinois. La ménagère Américaine accusera les Arabes et leurs guerres insensées. L’employé se moquera du sans-emploi. Le jeune exclura le vieux.

Ne sommes-nous pas en train de tomber dans le piège des replis, pendant que la moitié du monde subit des guerres et des famines que les plus puissants laissent faire et orchestrent même ?

N’y-a-t-il pas un risque que les masses populaires, appauvries, désespérées soient bernées et voient en leurs compagnons de misère, des ennemis parce qu’ils sont différents : plus bruns ou plus blancs, chrétiens ou musulmans, croyants ou non croyants, bourgeois ou ouvriers, femmes ou hommes, jeunes ou vieux, sans emploi ou SDF ?

Ne sommes-nous pas à la croisée des chemins où nous devrons nous demander à qui profitent le choc des civilisations, les replis identitaires et les discours attisant les haines et les peurs ?

Pendant que les puissants des puissants s’enrichissent jour et nuit, que les banques dominent l’économie (devenue plus virtuelle que réelle), que la mort d’enfants et de femmes sert ce système aveugle et inhumain ; nous nous insultons, nous nous enfermons à double tour chez nous, nous nous désolidarisons de celui qui n’est pas comme nous.

Il ne s’agit plus de jouer les victimes impuissantes ; il s’agit maintenant de nous mettre en garde mutuellement : ne nous trompons pas de combat !

Donnons la main à ceux qui veulent la paix, qui veulent faire grandir leurs enfants dans un monde sain et honnête, qui veulent l’accès à des services de base tels que l’école ou la santé ; et qui acceptent d’écouter les différents points de vue et les différentes visions du monde dont l’objectif sera une meilleure humanité.

Et si ceux-là s’appellent Mohamed ou Pierre, Chang ou Mamadou, peu importe. Et si ceux-ci croient en Jésus, Allah ou en l’homme, peu importe. Et si celles-ci sont blanches et les autres noires, peu importe.

Soyons raisonnables, ô, frères humains.

Nous serons les perdants d’un jeu que d’autres regarderont avec condescendance.

Ne nous trompons pas de lutte !

Nassira BELKADI

Juillet 2011

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