Rachel Onema : « Reussir en Belgique » est encore une utopie

Aujourd’hui, féminine est l’interview. Alohanews est parti à la rencontre d’une jeune femme ambitieuse qui ne manque pas de talent. Actrice et chanteuse, elle combine ses deux passions sans avoir froid aux yeux. Passionnée par la musique qui réunit les cultures africaines et européennes, ce subtil mélange fait la différence : l’afropean music. Rachel Onema nous livre son parcours, ses ambitions et ses rêves. Rencontre avec ce nouveau vent de fraîcheur à la belge.

Bonjour Rachel. Pour ceux et celles qui ne te connaissent pas, qui es-tu ? 

Je suis une artiste belge, d´origine congolaise. Je suis née à Kinshasa, mais j’ai grandi ici en Belgique. Je chante, je rappe, j’écris et compose mes chansons. Je suis également actrice.

Parle-nous de ton parcours musical ? 

Au départ, j´ai bossé pendant plusieurs années avec Sir Luke avec qui nous avons cherché ma voix ainsi que ma voie. Je me suis longtemps fait connaître sous le nom de « Shakena » et beaucoup m’appellent encore comme cela.

J’ai pu participer à diverses émissions, dont X factor UK et Urban School sur Plug RTL. Faisant partie des 6 derniers finalistes, j’ai pu rencontrer et travailler avec des artistes professionnels internationaux. On a rencontré Amel Bent, Big Ali, Quentin Mossiman et les auteurs US avec qui j´ai notamment co-écrit mon titre « Rodeo Show ». J’ai énormément appris grâce à ces rencontres.

Actuellement, je bosse en indépendant sur mon projet en collaboration avec Asaiah Wala et David Kamba. Je viens de sortir mon premier clip « Red wine », adaptation de la chanson de UB40, réalisé par Frank Lukaz.

 

Quel a été le déclic, ce fameux moment où tu t’es finalement dit « je veux faire ça de ma vie » ? 

Je me souviens de ce jour, en voyant le film « The Bodyguard » avec Whitney Houston. J´ai été touchée par sa présence et les émotions qu´elle dégageait sur scène et à travers l’écran. Et puis ce fameux feu d´artifice avec « Rachel » écrit en grand, je l’ai pris comme un signe (rires).

J´ai dû faire des choix pour avancer, mais je savais pertinemment qu´un jour je claquerais tout pour me donner à fond à ce qui me tient le plus à cœur. La vie est courte et il faut faire ce qui nous fait plaisir. Le challenge maintenant, c´est de pouvoir en vivre.

Tu décris ton style de musique comme étant de l’ « afropean music ». Parle-nous de ce style musical.

Je me veux le plus authentique possible. Quand je portais le nom de « Shakena », qui, dans ma langue maternelle signifie « homonyme », je tenais à garder la même personnalité que ça soit sur scène ou à la maison avec mes amis et ma famille.

Pour mon style musical, c´est la même chose. Je ne suis pas forcément la mode musicale. Certes, tout autour de nous nous influence, mais ce sont mes origines et ce avec quoi j´ai grandi qui marque ma musique.

Je suis africaine et j´ai grandi en Europe : je suis issu de ces deux cultures. Quand tu écoutes mes titres, on peut ressentir tantôt une influence plus européenne tantôt plus africaine. Il y a également une influence très US. C´est cela que je veux mettre en avant par l’« afropean music »: l´union des deux continents.

Comment vis-tu le fait d’être une femme dans l’industrie musicale ?

Il faut se battre davantage, car outre le talent, il y a l´image qui compte beaucoup. Ta présentation, ta prestance, ton langage seront ta carte de visite qui déterminera le respect que l´on daignera te donner ou non. Et ce, que tu sois artiste ou pas d´ailleurs.

Toutefois, avoir une figure masculine pour représenter une artiste peut faciliter ou éviter certains détours inutiles (intimidation, drague, etc.) surtout pour les rendez-vous avec des nouvelles personnes. Sinon, jusque-là ça va je gère (rires).

Réussir en Belgique, est-ce un défi ou une aubaine à l’heure actuelle ?

La phrase « réussir en Belgique » est encore utopique dans la tête de la plupart des artistes belges. Vu le manque d´investissements faits pour nous et en nous ! Des artistes comme Stromae ou Damso sont des exemples beaucoup trop récents que pour pouvoir affirmer que réussir en Belgique est possible.

Heureusement que des médias comme Alohanews et très récemment Tarmac, utilisent leur plateforme pour mettre en lumière des artistes connus et surtout moins connus. La Belgique regorge de talents. C’est pour cela que d’autres pays le reconnaissent et viennent directement les chercher… c’est tant mieux et tant pis en même temps.

Parles-nous de tes activités en tant qu’actrice ? 

J’ai fait un casting pour le rôle dans une pièce de théâtre , suite à un succès lors de sa transmission en tant que mini-série sur Vox Africa, est maintenant devenue le premier sitcom belgo-black : « Les Bijoux de l`Âme ». J´y joue le rôle de Nina, meilleure amie du personnage principal.

Être sur scène n´était pas un problème, mais devoir être quelqu’un d’autre est un vrai challenge. Il faut pouvoir rester authentique sans être Rachel l’artiste ni Rachel de la vie privée. Néanmoins, c’est un très bel exercice qui me sert pour la musique et inversement.

Je peux dire que j´ai remporté le pari. Je m´amuse beaucoup malgré tout le travail à fournir.

Quels sont tes futurs projets ? 

Je viens de finir le tournage de la saison 2 « Les Bijoux de l´âme ». Pour l’instant, on attend les scripts de la saison 3 pendant que la saison 2 sera diffusée sur diverses chaînes panafricaines. Du côté musical, je peaufine mon EP et continuer l’écriture de l´album.

Propos recueillis par Bahija Abbouz

Soulina

Soulina

"L'art est le plus court chemin de l'homme à l'homme ". Soulina tend vers cette rencontre car il y a de l'âme dans chaque expression artistique.

à lire aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.