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Dolce Vita, vous dites ?

L’austérité surplombe le ciel bleu italien. En effet, depuis le gouvernement de Mario Monti, les protestations et les critiques pullulent. Pourtant Mario Monti avait été accueilli comme le messie après la démission de Silvio Berlusconi, entaché par des scandales sulfureux. Mario Monti avait pour but d’éponger la dette publique, et ce principalement en augmentant les entrées fiscales grâce à différentes réformes qui, désormais, font naître un vent de protestations.

L’euphorie ne durera pas pour les transalpins qui ont aussitôt fait grise mine. Le « sauveur »   – entre temps élu sénateur à vie – a demandé aux Italiens de se serrer la ceinture pour aider le paese (NDLR – Pays).

Mario Monti confirmera plus tard de façon discrète que la taxe d’habitation sera également valable pour les écoles, les cliniques et les hôtels appartenant aux entités religieuses.

L’apport de Monti se caractérise également par plusieurs réformes. Celle de la pension, par exemple, a fait couler beaucoup d’encre… et certainement beaucoup de larmes d’indignation. À force de la retarder, la retraite italienne semble devenir un mirage. Aujourd’hui, l’âge de la retraite a été fixé à 70 ans. Elle se répartit en deux: les personnes ayant payé les contributions en 1995 et celles d’après. De plus, L’accession à la prépension ne se fait plus automatiquement.

Les citoyens ayant payé les contributions en 1995 ont droit à la prépension à l’âge de 62 ans. Toutefois, si les personnes décident de prendre leur retraite entre 60 et 62 ans, le montant à percevoir diminuera de 1 % par an. Avant 60 ans, elle descend de 2 % par an. Lorsque les Italiens choisissent de bénéficier de la prépension, ces derniers n’ont droit qu’au tarif minimum : 500 €.

Dans le second cas, celui où les personnes n’avaient pas payé les contributions depuis 1995, deux solutions sont envisageables pour hériter de la préhension : accéder à la prépension après avoir travaillé pendant 42 ans et 5 mois pour les hommes et 41 ans et 5 mois pour la gent féminine. La seconde option est de prendre la retraite à 63 ans et 3 mois avec, en prime, 20 années de contributions. De quoi en persuader plus d’un de vieillir moins vite…

Le monde du travail aussi a eu droit à sa réforme. Les droits des travailleurs ont baissé autant que leur salaire. Vu la hausse des taxes, les employeurs ont plus de mal à engager et, au contraire, ont reçu des facilités pour licencier de la part de Monti. L’instabilité dessine d’ores et déjà les conséquences. L’Italie est arrivée à un niveau où le salaire minimum n’est plus. Les citoyens en situation de précarité doivent accepter des emplois où les conditions de travail frôlent l’esclavage.

Monsieur Monti a également décidé de baisser les dépenses publiques qui portent sur 26 milliards d’euros sur 3 ans : 4,5 en 2012, 10,5 en 2013 et 11 en 2014. Il a diminué les fonds octroyés à la commune pour les services accordés aux citadins. Le résultat ne se’st pas fait attendre puisque dans certaines villes comme à Salerno, les transports en commun affluent de moins en moins faute de subsides.

Le constat est amer : un pays sans allocations familiales, le prix de l’essence qui augmente, les écoles au bord de la fermeture, des travailleurs qui vivent dans la peur, une pression fiscale supérieure à 50 % et un record du taux de chômage chez les jeunes.

Un autre élément vient entacher le tableau italien : les suicides pour cause économique ont dépassé les 500 cas rien qu’en 2012. Ce chiffre a été estimé par Comitas, une association de micro-entreprises qui lutte contre les inégalités sociales.

Pour le moment, les réformes ne servent qu’à étrangler les citoyens modestes et plongent l’Italie dans une détresse populaire.  La Dolce Vita  se conjugue dès à présent au passé…

 

Joanna Brancato