Le Bloc identitaire et sa France assiégée

Alohanews délivre son deuxième article sur le Bloc identitaire. Le premier reprenait la genèse du groupuscule et son positionnement idéologique par rapport au Front national. Aujourd’hui, nous mettrons en lumière les deux théories prônées par les mouvances d’extrême droite à savoir le Grand Remplacement et leur solution de remigration.

L’afflux des migrants traversant la Méditerranée pour rejoindre l’Europe, le terrorisme revendiqué au nom de l’islam qui fait la une des journaux télévisés sont, d’après le Bloc identitaire, une conjonction d’événements qui présagent un destin qui vouera à menacer voire faire disparaître la civilisation française.

Grand Remplacement : une identité française en péril

Le terme de Grand Remplacement a été forgé par l’écrivain Renaud Camus. Autant vous dire qu’avec Albert, il n’a de point commun que le patronyme. Cet auteur est connu pour ses ouvrages qui tiennent des propos conspirationnistes et islamophobes. L’auteur définit ce concept comme le remplacement progressif, dans une période très courte de quelques décennies, de la population historique du pays en l’occurrence la France par des populations issues de l’immigration majoritairement extra-européennes.

Selon les identitaires, ce phénomène est en hausse. Ils l’expliquent par les politiques d’immigration qui sont de plus en plus laxistes à l’image de la politique des quotas contraignants d’accueil des migrants. Ils affirment que des zones entières de territoires où les Français de souche sont devenus minoritaires et ont même parfois totalement disparu, remplacés par des immigrés ou des Français issus de l’immigration qu’ils nomment Français administratifs. Des no-go-zone pulluleraient dans l’Hexagone. Le Grand Remplacement provoquerait des conséquences sur tous les plans : économiques, sociales, sécuritaires, identitaires, et même sanitaires.

Renaud Camus et le Bloc identitaire s’accordent à dire que ce n’est pas une théorie, mais une réalité criante. Le Grand Remplacement se rapproche fortement de la théorie Eurabia instiguée par l’essayiste britannique, Bat Ye’or. Cette dernière affirme que l’Europe est vouée à devenir musulmane. En effet, l’Union européenne ne serait qu’un vassal du monde arabe. Le processus serait causé par une trahison des élites européennes, par une immigration incontrôlée, et un taux de fécondité élevé des populations musulmanes en Europe. Ces territoires perdus de la République ne seraient donc pas le seul fruit de loufoqueries littéraires de Michel Houellebecq ? On nous cacherait quelque chose ?

Pour objectiver ce phénomène, le Bloc identitaire a créé un Observatoire du Grand Remplacement qui a justement pour but de démontrer cette réalité en s’appuyant sur l’ensemble des sources médiatiques, mais aussi scientifiques, notamment dans le domaine démographique ou médical, mis à leur disposition. À travers une revue de presse régulière, des témoignages, des entretiens, ou encore des infographies, corroboreraient ce que des millions de Français vivent au quotidien. Pour eux, le Grand Remplacement est un concept qui a pour seule solution, la remigration. C’est une logique de constat. Selon eux, si les Français de souche ne sont plus en majorité, ce n’est plus la France. Un petit réglage neurologique à la manière d’un réglage de luminosité d’écran s’impose.

Remigration, solution à l’islamisation de la France 

Comme il a été mentionné dans le premier article, le Bloc identitaire est contre toute forme d’assimilation des immigrés ou de ces Français administratifs. Ils ne croient pas en la « réconciliation » avec des immigrés ou descendants d’immigrés qui, selon eux, détestent la France et les Français. La seule solution viable est une remigration, concertée et planifiée. Cette dernière consiste à faire retourner dans leur pays d’origine, une grande partie des immigrés afin de garantir un « avenir pacifié » à leur pays et de préserver leur identité.

Pour montrer qu’ils sont force de proposition, ils ont érigé les « 26 mesures pour la remigration ». Le Bloc identitaire met tout en œuvre pour que ces solutions aient un écho dans le débat public. Selon eux, il est désormais temps de franchir une nouvelle étape, et d’imposer la remigration comme le corollaire logique, évident, du refus de l’immigration et du Grand Remplacement. L’antidote à ce phénomène ne peut qu’être la remigration.

Le groupuscule communique via des tracts avec des slogans provocateurs et directs comme « La France on l’aime quand tu la quittes » ou « L’Algérie c’est ton pays ? Retournes-y ! » Jacques Séguéla a trouvé un nouveau concurrent en terme de messages publicitaires.

Les 26 propositions de remigration sont une réponse à la feuille de route pour la politique d’égalité et d’intégration du gouvernement socialiste. Le Bloc identitaire regrette que « les Français de souche européenne doivent s’adapter aux masses immigrées, pour mieux disparaître en silence ». Ces propositions seraient pilotées par un grand ministère qui serait celui de l’identité et de l’enracinement.

Ces mesures seraient un rempart contre les « mondialistes – de gauche comme de droite –, mais aussi à ceux qui, se réclamant pourtant patriotes, ont baissé la garde face au multiculturalisme, par fatalisme ou confusion idéologique ».

Voici les 26 propositions émises par le bloc identitaire pour la mise en place de la remigration en France :


1. Abrogation du droit du sol.



2. Abrogation du regroupement familial.



3. Expulsion automatique et interdiction de territoire de tout étranger commettant un délit ou un crime sur notre sol.



4. Mise en place d’accords avec les pays d’origine pour que les peines de prison de leurs ressortissants soient effectuées chez eux.



5. Déchéance rétroactive de la nationalité française pour tout étranger naturalisé ayant commis un délit ou un crime ces 10 dernières années.

6. Déchéance automatique de la nationalité française pour tout binational ayant commis un crime ou délit.

7. Mise en place d’un Fonds d’Aide au Retour associé au lancement d’une campagne de sensibilisation incitant les immigrés à rentrer chez eux.

8. Création d’un Haut-Commissariat à la Remigration.

9. Gel des naturalisations pour les pays hors UE pendant 10 ans, hormis à titre militaire (Légion étrangère).

10. Mise en place d’accords avec les pays de la rive sud de la Méditerranée soumettant les aides économiques et militaires à un contrôle de leurs zones d’émigration.

11. Mise en place d’une véritable protection aux frontières de l’UE, ou sortie de l’espace Schengen en cas de refus.

12. Exclusivité des aides sociales et des logements sociaux aux nationaux et ressortissants européens.

13. Suppression totale de l’AME.

14. Instauration de la préférence locale, nationale, et européenne dans le cadre des embauches. Les employeurs devant démontrer qu’aucun employé du bassin d’emploi, ou de nationalité française, ou ressortissant de l’UE, n’était à même de satisfaire à une offre.

15. Refus du concept d’ « immigration choisie » et mise en place de véritables partenariats avec les pays d’émigration. L’objectif étant de fixer les élites dans leurs pays d’origine à travers des partenariats, universitaires notamment, sur place.

16. Peine de prison systématique pour les patrons employant en connaissance de cause des salariés immigrés clandestins.

17. Arrêt des subventions et interdiction des associations soutenant l’immigration clandestine. Retour dans le Code pénal du délit d’aide à l’immigration clandestine avec peine de prison systématique en cas de récidive.

18. Interdiction de toute propagande en faveur de l’immigration réalisée à l’aide de fonds publics : chaînes de télévision et radios, mais aussi journaux bénéficiant de l’aide de l’État.

19. Interdiction de tout financement public ou étranger des mosquées. Interdiction des minarets.



20. Interdiction des prêches en arabe. Interdiction également de prêcher aux imams étrangers.

21. Interdiction du port du voile dans l’espace public.

22. Interdiction de l’UOIF et toute organisation liée à des réseaux islamistes internationaux.

23. Interdiction de l’abattage rituel. Création d’une taxe supplémentaire sur tous les produits halal importés de l’étranger. Une partie de la taxe sera reversée aux associations de protection des animaux, le reste alimentant le Fonds d’Aide au Retour.

24. Défense de notre identité culinaire et refus de subir les interdits alimentaires étrangers dans les commerces, les cantines scolaires, etc.

25. Lutte contre la ségrégation urbaine et le racisme qui touchent les Français de souche dans certains quartiers



26. Création d’un grand ministère de l’identité et de l’enracinement.

Le Bloc identitaire veut mener une croisade contre l’islam qui serait responsable de tous les maux. La communauté musulmane aurait cet esprit de conquête et serait revancharde de cette bataille perdue contre Charles Martel à Poitiers. Les Français de confession musulmane comploteraient pour créer un Califat sauce harissa qui viendrait étouffer cette France blanche. À quand un crowdfunding pour un blockbuster reprenant ce scénario produit par Véronique Genest ? Promis, je casserai ma tirelire en forme de cochon. N’y voyez aucune porcinophobie.

Mouâd Salhi

Mouâd Salhi

Mouâd Salhi

Journaliste pour Alohanews, d'ici et d'ailleurs, passionné par la géopolitique, a un stylo comme épée et comme maître mot la justice.

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1 Réponse

  1. Theobald dit :

    Ce commentaire veut seulement apporter des précisions sur l’écrivain Renaud Camus, et ne porte pas d’appréciation sur le contenu général de l’article.)
    « [R.C.] est connu pour ses ouvrages qui tiennent des propos conspirationnistes et islamophobes. »
    Des « ouvrages » qui « tiennent des propos », la formule est croquignolette… (Mais peut-être disposez-vous de l’intégrale de Renaud Camus en audio-livres ?).
    Quant à la teneur « conspirationniste et islamophobe » des « propos » que nous « tiennent » ces livres, elle relève du fantasme (ou de la méconnaissance). On ne voit pas que R. C. ait jamais cru ou prétendu qu’il existe un grand « complot » dont les instigateurs aspireraient à une domination universelle (ou l’exerceraient déjà). (Mais il semble que dans la langue journalistique, « conspirationniste » soit devenu un terme dépréciatif général sans contenu précis, un synonyme d’ »extrémiste », une variante moins accusée de « nauséabond ».) Il ne semble pas non plus que R. C. ait jamais témoigné de l’hostilité à l’islam comme tel ni à ses fidèles (mais le terme d’ »islamophobe » est à rejeter comme tous les vocables à suffixe en « phobe » qui psychiatrisent les opinions et confondent la crainte (raisonnée ou non) avec la haine).
    R.C. est l’auteur de plus d’une centaine de livres, dont de nombreux tomes de son Journal qu’il publie depuis plus de trente ans. L’essentiel de son œuvre relève de la littérature et non de l’intervention politique. Il est depuis quelques années un « compagnon de route », si l’on veut, d’organisations comme le « Bloc identitaire » mais son œuvre ne se réduit pas à cet engagement.

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